CHOARIOU-TREGER, jeux traditionnels bretons
Les Jeux de Force du Trégor Ar Maen Pouez (lancer de la pierre pesante, lancer du poids) Ce jeu consiste à lancer une pierre ou une boule de métal le plus loin possible. L’aire de lancer étant seulement délimitée à l’avant par une planche ou autre objet faisant office de butoir (le pal) à ne pas franchir. Autrefois chaque quartier avait son poids (boules de forge, poids de meunier, boulets de bagnard, boulets de canon, cailloux légèrement taillés…). Nous avons opté pour des boules de forge et boules de manège à broyer. L’aire de lancer du poids (2,13m ou 7 pieds de diamètre) fut créée en 1908 pour les jeux olympiques de Londres et est toujours en vigueur pour toute compétition d’athlétisme. Le lancer de pierre était au Moyen Âge un exercice d’entraînement pour les chevaliers. An ahel karr (l’essieu de charrette) Il s’agit de lever à 1 main un essieu de charaban ou de charrette. En Trégor, il y a deux façons de lever l’essieu : a) la région du Léguer , rivière située à l’ouest du Trégor de Penn Légerà en Bourbriac (Penn Leger) à Lannion (Beg Leger). Ici le poids de l’essieu est fixe pour chaque épreuve. Il faut saisir l’essieu à 1 main, (il repose au sol sur 2 rondins). Le but est de l’amener dans un premier temps au niveau de l’épaule, puis ensuite d’effectuer un maximum de levers allant de l’épaule vers le bras tendu au dessus de la tête (mouvement de jeté à 1 bras). b) La région proche des villes de La Roche Derrien-Tréguier (à l’est du Trégor). La technique consiste à lever un essieu à 1 bras à partir de l’épaule. Le lever du sol se faisant à 2 bras. Le premier essai se fait avec un essieu délesté des ses poids puis progressivement à chaque mouvement réussi, il est chargé de boitiers, rondelles, écrous. Pour nos épreuves, nous utilisons la première technique qui s’adapte plus facilement aux différentes tranches d’âge. Le lever de l’essieu connait son essor en Trégor à la fin du XIXème siècle avec les nombreuses démonstrations effectuées par des troupes foraines dans nos foires. Le lever de l’essieu à 2 bras est de création récente (1975 environ) et est inspiré d’exercices athétiques réalisés en guise d’entraînements pour des athlètes en région parisienne (les levers de gueuses). Krog perchenn (le lever de la perche) Ce jeu typiquement breton, notamment en Cornouaille et en Trégor, ne subsiste plus de façon traditionnelle qu’en Trégor. La technique traditionnelle consiste à lever à la verticale une perche métallique avec une position de levier sur la cuisse sans toucher le sol. La perche s’alourdit par un curseur coulissant vers l’extrémité. Le lever de la perche se faisait, il y a encore quelques années, à l’aide d’un tronc d’un jeune plant qui était scié à l’extrémité la plus lourde jusqu’à ce qu’il soit amené à la verticale. A l’inverse, lorsque le tronc était levé par 2 ou 3 concurrents, on lestait celui-ci de coins en fer ou de hache pour les départager. Cette technique et ce jeu trouvent leur origine au Moyen Âge du temps de l’édification des premiers châteaux forts en pierre, et des cathédrales. La technique dite entre les jambes fit son apparition entre les deux guerres dans la région de Seau ; elle est appréciée des concurrents poids lourds car ici le poids fait la différence alors que la technique sur le côté était réservé aux stylistes, souvent plus légers. Parmi les principaux noms ayant marqué les mémoires, nous citerons par exemple Jean LE PENNEC (arrière grand père d’Emilie LE PENNEC, championne olympique de gymnastique à Athènes), Hervé DRONIOU du Dresnay, Roger LASBLEIS de Plounévez-Moëdec, Yves LAVENIR, Yvon ROLLAND, Alexis LE DOYEN, Joseph LE VEY, Albert HUET…. Le tir du bâton par le bout (ar vaz a benn) Il y a eu en Bretagne trois épreuves de tir du bâton : 1) Le bâton à bouillie, ar vaz yod , très prisé en Cornouaille lors des veillées, ayant fait son apparition dans des festoù noz dans les années 50/60 vers le kreizh breizh (Carhaix, Maël Pestivien, Bourbriac, Pont Melvez, Duault…). Les concurrents assis par terre pieds contre pieds appuyés à une planche ou un banc de table, doivent tirer sur un bâton par son centre. Ce jeu est illustré dans des cathédrales du sud ouest de la France. 2) Le vazh a benn , les concurrents portés à plat ventre par 4 porteurs de chaque côté doivent tirer le bâton par les extrémités. Ce jeu apparut en Trégor vers 1880 était appelé le bâton horizontal. Il se pratiqua à ses débuts vers Pleumeur Bodou, St Quay Perros, Louannec, et semble être une évolution d’un autre, dit "du crapaud". Le vazh a benn est intéressant car il nécessite la participation du public pour son déroulement. Les porteurs ne sont pas forcément candidat au jeu. 3) Le tir du crapaud : an touseg , jeu typiquement trégorrois pratiqué depuis fort longtemps. Les tireurs sont portés comme dans le vaz a benn. Ici on ne tire pas sur un bâton mais sur un engin constitué d’une planchette de bois traversée par deux poignées. Ce jeu très éprouvant pour la colonne vertébrale fut disputé pour la dernière fois lors d’une fête en 1965. Le lever du sac de sable (samman ar sac’h) La technique utilisé se retrouve au Pays Basque ou en Polynésie lors des levers de pierre. Il s’agit de charger sur les épaules un sac remplit de sable, que l’on augmente à chaque essai réussit. Ce jeu était très disputé lors des moissons. Présent dans la région de la Roche Derrien il y a encore une dizaine d’années, il a pratiquement disparu aujourd’hui. Le lever de civière (ar c’hravazh) Ethymologiquement ar c’hravaz, gravaz se rapproche du français grabat : lit misérable pour souffreteux. Ce jeu trouve ses racines du Moyen Âge comme la perche. La civière servait au transport de blocs de pierre pour les bâtiments. Dans nos campagnes et plus près de nous, cela était utilisé pour différents transports : goemon, fagots, meules de foin…. Pour les fêtes populaires, cet instrument de travail fut aménagé comme une brouette sans roue que l’on chargeait de grosses pierres au fur à mesure de la réussite des levers. Il s’agissait pour les concurrents de se mettre en position debout en décollant les brancards de la civière du sol. Cette épreuve très populaire en Trégor a quasiment disparu. La lutte à la corde (ar tortiss) Ce jeu universel est ainsi appelé en Trégor pour la forme tordue de la corde. Tortiss = tortillée
Association type loi 1901 à but non lucratif, date de déclaration 10 mars 2008
C'hoarioù Treger
Jeux Sportifs Traditionnels des Côtes d'Armor